Jouant aussi avec des images d’archives, colorisées, une façon habile et moderne d’évoquer tout un monde perdu et dont la reconstitution aurait été très coûteuse, la cinéaste fait revivre ces années à travers différents personnages. Au cœur de l’histoire, il y a la figure du personnage de femme libre, Khuloud, jouée avec autorité par la comédienne Yasmine Al Massri, et qui est inspirée de plusieurs figures féminines de l’époque, que ce soit Katy Antonius, une mondaine, figure importante de l’élite sociale de Jérusalem où elle organisait des salons littéraires notamment, ou encore l’intellectuelle palestino-libanaise May Ziadeh et la féministe égyptienne Amina Al Said. En tout cas, un personnage de femme indépendante et qui se bat pour exercer son métier de journaliste en toute liberté. On le mesure aussi dans ses relations parfois conflictuelles avec son mari Amir, qui semble plus conciliant avec les Britanniques et les Juifs.
Malgré la guerre à Gaza – qui l’a empêché de filmer dans la ville de sa naissance, Bethléem – la cinéaste a pu revenir à la fin de l’année 2024 en Palestine pour y terminer le tournage. In fine, elle a posé sa caméra dans plusieurs villes de Jordanie comme Salt et Karak.
Avec une volonté d’un réalisme juste, et une distribution des plus solides, Annemarie Jacir reconstitue bien ce moment historique, montrant bien aussi le clivage entre villageois et citadins et montrant bien la dimension sociale de cette révolte et comment, dans les campagnes, les Britanniques répriment durement une révolte qu’ils ne comprenaient pas.
