Un faussaire de génie

Campé avec finesse par Reda Kateb qui exprime toutes les fêlures de l’homme, Bojarski, quand il se met « à son compte », s’avère un redoutable inventeur, capable, en prime, de déjouer les pièges de la police, ce qui en fait le faussaire le plus redouté de la Cinquième République. Face à lui, Sara Giraudeau est impeccable dans le rôle de cette femme qui ne sait pas (ou feint de ne pas le savoir) ce que fabrique réellement son mari qui, comme l’inventeur de Boris Vian, œuvre dans sa cabane au fond du jardin. Quant à Bastien Bouillon, il symbolise bien ce flic soumis à la pression hiérarchique constante, un mondain qui s’assume, mais qui est complètement perdu dans un premier temps face aux ruses de celui qu’il traque et qu’il finit par admirer. Et ce, d’autant plus que Bojarski ne craint pas de le fréquenter comme le prouve la surréaliste rencontre au bar d’un grand hôtel.

Reconstituant par petites touches l’époque des Trois Glorieuses, cette Affaire Bojarski est une histoire prenante et laisse du temps pour mieux percevoir les motivations psychologiques de tous les personnages.

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