Un éleveur du Kazakhstan en révolte

CINÉMA : MERCREDI 14 JANVIER 2026

ABEL, de Elzat Eskendir – 2h00

Drame avec Erlan Toleutai, Nurzhan Beksultanova, Kaisar Deputat

Score : 4/5

Le scénario

Dans le tumulte post-soviétique du Kazakhstan en 1993, les fermes collectives sont démantelées et les propriétés sur le point d’être privatisées. Les dirigeants locaux ont depuis longtemps outrepassé leurs pouvoirs officiels, se partageant les ressources comme ils l’entendent. Abel, éleveur local, voudrait simplement sa part, mais la situation est plus complexe qu’il ne l’imaginait. Doit-il jouer le jeu de la corruption ou défendre ce qui lui paraît juste ?

Mon avis – Ce récit est un témoignage sur la situation de l’individu lambda lors des grands tournants historiques. Ainsi, Abel se retrouve confronté aux dirigeants locaux qui ont pris un pouvoir implacable alors que l’URSS a disparu laissant le champ libre à ceux qui veulent acquérir les fermes collectives et imposent leur loi. Soudain, et alors même qu’il a consacré sa vie à la société, le vieil éleveur s’aperçoit que l’individu est complètement dévalorisé dans un tel système.


Dès ce premier long métrage, Elzat Eskendir offre une vision saisissante de ces républiques lointaines de l’ex-URSS avec une mise en scène maîtrisée qui capte bien l’immensité de ces espaces où les familles doivent composer avec un nature austère dans une survie quotidienne comme le montre la belle séquence d’ouverture.

Servi par une belle photographie, et des acteurs non-professionnels qui jouent leur rôle avec une vraie singularité, Abel montre bien la résilience d’une population dans ces pays qui ont vécu un séisme politique. Comme il montre sans détour comment une nomenklatura en a remplacé une autre et entend faire régner sa loi. Édifiant.

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