Ce qui est très réussi dans ce film, c’est que Lloyd Lee Choia filmé des lieux peu touristiques de New York, y compris dans Chinatown si souvent utilisé au cinéma. L’ancrage du récit dans le réel n’en est que plus grande et on découvre la cité de la côte Est de manière plus intime. Sur la plan de la mise en scène, il a choisi avec son chef opérateur Norm Li un angle plus minimaliste avec des plans fixes et de rares mouvements de caméra quand l’histoire les rend nécessaires, ce qui crée un rythme particulier qui laisse du temps au temps sans pour autant offrir une réalisation molle.
Ce choix nous permet aussi de vivre au plus près le quotidien de ce père qui doit apprendre à re-vivre avec cette fille qu’il n’a pas vue depuis de longs mois. Très bien joué, cette chronique des travailleurs invisibles au ras du pavé new-yorkais évite bien des pièges et ne tombe jamais dans le pathos tout en dressant un portrait très sensible de cette famille luttant pour se faire une place au soleil de New-York dans une atmosphère qui ne manque pas de poésie.. Quant à la jeune Carabelle Manna Wei, elle fait montre d’une maturité exceptionnelle.
Un film qui fait montre d’une belle sensibilité.
