L’épouvante qui fait rire

Dans un esprit joyeusement anar, Antonin Peretjatko utilise le film de vampire pour aborder de plein fouet des sujets qui font polémique, ce que ce soit la religion, le racisme… De fait, en évoquant la pureté du sang, exigée par la mère de Norbert (une Arielle Dombasle qui ne recule devant rien), le film ironise sur ces notions inventées par certains démagogues de la pensée commune. Quant à la religion, elle en prend pour son grade avec notamment trois représentants des grandes religions qui unissent leur force contre le Mal, ce qui donne certaines séquences loufoques réjouissantes comme celle de la piscine où l’imam entonne à plein poumons (et à la cornemuse) un cantique chrétien. Par ces temps où il est conseillé de ne point se moquer de la religion, cette comédie noire remet,fort heureusement, les pendules à l’heure.

L’hémoglobine coule à flot, les décors sont kitsch à souhait (les tenues de la clinique ressemblent à celles de Villeret dans La Soupe aux choux), les dialogues jouent en permanence sur le deuxième niveau : Vade Retro a des airs de Bal des vampires d’un nouveau genre. « Le film prend plaisir à surprendre et secouer le spectateur » prévient le cinéaste. Dans le genre, c’est réussi même si le film ne fait pas toujours dans la dentelle. Un peu de mordant pour le Réveillon !

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