Sans doute, la description psychologique du frère aîné est influencée par la relation de la réalisatrice avec son propre frère, qui est autiste. Et le film aborde de façon subtile et dérangeant les relations fraternelles avec la question au cœur de l’histoire : Jie peut-il faire confiance à Han, qui le conseille sur les pistes, et qui prétend que la mort de son adversaire était accidentelle ?
Optant pour des personnages qui ne sont ni totalement noirs, ni totalement blancs, jouant sur toutes les ambiguïtés de l’amour fraternel, sur les névroses de famille aussi, ce premier long métrage, très bien interprété, joue parfois à la frontière entre le réalisme pur et une forme d’onirisme, voire de fantastique, notamment dans la surprenante séquence finale de la compétition ou dans le souvenir du sauvetage à la rivière qui revient comme en refrain dans l’histoire.
Un film dérangeant et qui a le mérite de l’originalité, utilisant l’univers très codé de l’escrime dans un contexte inattendu.
