En construisant le documentaire au fur et à mesure du tournage, sans scénario prédéfini, Michael Dweck et Gregory Kershaw ont tourné sur plusieurs périodes, ce qui permet de décrire ces gauchos au fil des saisons. Il faut alors se laisser porter par des images magnifiques en noir et blanc – la séquence d’ouverture où l’un des gauchos fait corps avec son cheval couché, comme s’il était une pierre est surprenante – pour apprécier la beauté de cette errance dans la pampa au contact d’une société si singulière.
Ce long travail a permis aussi, on le sent à l’image, de gagner la confiance de ces gauchos. On le mesure en suivant la relation du père et de sa fille de 17 ans, Guadaloupe, qui prend tous les risques en participant aux rodéos locaux. Et s’affirme ainsi dans une culture dominée par les hommes. C’est aussi un hymne à la nature avec laquelle il faut sans cesse composer, on le voit bien avec le témoignage de Wally, un éleveur qui doit subir les fréquentes attaques des condors !
Un documentaire qui permet de découvrir tout un pan de la vie de ces vieux occupants de la pampa argentine. Malgré les rigueurs du climat, la pénurie d’eau notamment, conséquence des changements climatiques, ces communautés vivent une existence très joyeuses et unie. Un film lyrique et prenant de bout en bout.
