Qu’il est beau mon pays…

Au fil des images, on mesure bien comment la banda est un moyen essentiel pour maintenir un lien social dans ces régions rurales qui se vident, le Gers faisant partie d’un des 14 départements hyper-ruraux de France. Et pour autant, il y règne encore un esprit d’entraide et de partage comme le montrent les séquences où le viticulteur explique les gestes ancestraux d’entretien de la vigne à ces jeunes voisins. Il y a aussi un autre personnage essentiel, celui du musicien-chef d’orchestre qui dirige la banda, Thierry Duffau, ancien du Conservatoire de Bordeaux, mais qui a préféré rester un musicien de campagne et dit : « J‘ai eu trop de liberté, je ne veux pas partir« .

L’autre personnage-clé du film, c’est Anaïs, celle qui va quitter son pays pour suivre ses études à Toulouse et qui incarne bien toutes les interrogations de cette jeunesse. Solaire, photogénique et timide, elle n’a pas encore conscience de la vie qu’elle va quitter. La séquence où la petite sœur cache les clés du portail pour ne pas la laisser partir à la ville en dit long sur ses interrogations, ses appréhensions.

Doc en forme de miroir, doc nostalgique, Se souvenir des tournesols est un récit, parfois un peu répétitif dans la deuxième partie, mais qui montre bien le quotidien de cette France que l’on dit « profonde », et éloignée des centres urbains. Et dans cette « diagonale du vide » comme le surnomme un jeune – et restituée à l’écran par une caméra placée en hauteur et qui pivote lentement – il y a pourtant des jeunes pousses qui ne demandent qu’à faire prospérer leur territoire.

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