Le fond de l’air est gris…

Si la lutte politique a pris du plomb dans l’aile, si les rêves de lendemain qui chantent semblent un peu de l’histoire ancienne, les personnages de l’histoire illustrent la force d’une certaine fraternité et du triomphe de la bonté qui est une autre forme de résistance politique il est vrai. Et finalement, la soudaine passion amoureuse permet au fils de Monsieur Moreau – la composition de Gérard Darroussin en vieux prof paralysé est très belle – de sortir d’une vie étriquée où l’argent est le seul nerf de guerre, le seul étalon d’une vie réussie.

C’est en ce sens que le film de Guédiguian reste fidèle aux engagements passés du cinéaste. Mais, cette fois, porté par une bande originale où le classique donne le tempo, (et La Pie voleuse étant aussi un célèbre opéra de Rossini), ce sont les individus qui font leur révolution personnelle en attendant que peut-être – mais l’époque s’y prête t-elle ?- les temps changent. Le film marque aussi la dernière apparition du compagnon des débuts de Guédiguian, Jacques Boudet qui est mort le 15 juillet 2024. « Jacques était la bonté incarnée. Il aimait tout le monde. Il ne faisait de tort à personne mais ne se fiait qu’à quelques-uns selon le mot de Shakespeare », dit Robert Guédiguian pour rendre hommage à cet ami de longue date.

Le rêve du bonheur peut donner lieu à des jolis contes…

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