Vivre dans le feu…

Le résultat est un documentaire très fort où l’on voit bien comment à l’image, les Krafft sont devenus au fil des années des « acteurs » à part entière de ces expéditions, reconnaissables de loin sur le terrain par leurs bonnets rouges, à la manière du commandant Cousteau. Au fur et à mesure de leurs expéditions – ils ont frôlé la catastrophe à plusieurs reprises, mais Maurice Krafft disait : « Je ne peux pas vivre sans les volcans » – le duo capte ces éruptions comme d’étonnante symphonies de couleurs qui vont parfois jusqu’à l’abstraction. Tel des tableaux vivants d’une nature en mouvement.

Assurant lui-même les commentaires, épurés, Werner Herzog, qui est aussi un grand amateur d’opéras, a su trouver les musiques pour accompagner ce requiem d’hommage à ce couple magnifique. Et sur le Pie Jésus de Fauré, ces visions dantesques de la terre qui tremble, des jaillissements de lave rouge captée en plans serrés forment une espèce d’hommage aux mystères de cet univers volcanique sur lequel ces deux chercheurs portaient un regard des plus humanistes.

RENCONTRES À PARIS,

Jusqu’au 22 décembre prochain, et à l’occasion de l’anniversaire des trente ans de la découverte de la grotte Chauvet en décembre 1994, Werner Herzog présente son film en 3D La Grotte des rêves perdus (2010) au Centre Pompidou à Paris. En prime, une sélection de ses films réalisés depuis est projetée : Bad Lieutenant: Escale à La Nouvelle-Orléans (2010), avec Nicolas Cage et Eva Mendes, et Dans l’œil d’un tueur (2009), avec Michael Shannon, qui est montré pour la première fois en copie 35 mm en France. Trois documentaires seront également présentés : outre l’opus sur les Kraft, on peut voir Into the Abyss (2011), Rendez-vous avec Gorbatchev (2018) et Le Nomade : sur les traces de Bruce Chatwin (2019), inédit en France.

Laisser un commentaire