Le plaisir Ophüls

Le monde des paillettes. Max Ophüls est aussi un cinéaste fasciné par le monde de la nuit et le spectacle : l’ouverture magistrale de Sans lendemain le prouve avec une caméra qui suit le mouvement dans un tourbillon magistral d’images. De plus, les éclairages éclairages de Schüfftan souligne encore un climat des plus oniriques. Quant au Plaisir, adapté avec brio de Maupassant, il permet notamment une mise en scène audacieuse de la maison close, dont les scènes sont uniquement captées de l’extérieur. Et le choc visuel avec la deuxième partie, très naturaliste, racontant la communion dans la campagne normande n’en est que plus fort.

La belle équipe. Enfin, il y a chez ce cinéaste doté d’un certain pessimisme sur l’humanité, un vrai goût des comédiens et surtout des comédiennes. On le voit ici aussi bien avec Edwige Feuillère qu’avec Madeleine Renaud, parfaite dans le rôle de la tenancière de la Maison Tellier et surtout avec Danielle Darrieux, qui fut la comédienne fétiche du cinéaste et aussi à l’aise en prostituée qui adore chanter en buvant plus que de raison, que dans le rôle de Madame de, où elle campe une femme confrontée aux désillusions amoureuses. Adapté d’un roman à succès de Louise de Vilmorin, l’histoire décrit bien les métamorphoses d’une jeune femme qui ne parvient à donner un sens à sa vie qu’en pratiquant des achats compulsifs ou en fréquentant des bals pour oublier son mal de vivre. Et qui prévient ses soupirants : « Je dois vous prévenir, je suis paraît-il d’une coquetterie infernale ».

Vertiges de l’amour et mal de vivre : cette reprise de trois classiques de Max Ophüls permet de mesurer la force cinématographique d’un cinéaste fasciné par la force des femmes. Et dont on ne mesure pas toujours l’étendue du talent à sa juste mesure.

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