Tourné dans le contexte du Sommet de la Francophonie, en 2016, ce documentaire pose clairement la question de la vente de terrains à des groupes étrangers, chinois notamment. « C’est le slogan du Sommet « Croissance partagée et développement responsable » qui m’a fait sourire pour son décalage avec le réel, notamment quand on a en tête ce projet présidentiel de Hery Rajaonarimampianina qui conduit à faire perdre leur travail indépendant à de nombreux paysans« , souligne Nantenaina Lova.
Il montre aussi comment l’inauguration d’une route – sans doute utile aussi pour bien des Tananariviens, mais qui va réduire la plaine des rizières, si vitales pour les paysans, au profit de complexes immobiliers – est prétexte à une grande manifestation orchestrée, en rameutant des jeunes, à la gloire du pouvoir. Même si ces jeunes ne sont pas dupes de l’embrigadement comme le montre la séquence.
Sans opposer le monde rural et traditionnel à la modernité de manière caricaturale, ce documentaire nourri de nombreux témoignages montrent aussi comment bien des décisions politiques sont prises de manière verticale, sans prendre vraiment le temps de la concertation avec les populations concernées. Et avec le risque pour ces paysans, si l’on continue à piller leurs terres, de finir dans les bidonvilles des villes, avec l’impossibilité de se reconvertir eu égard à leur métier initial.
Un doc qui développe un message qui dépasse le cadre strict de Madagascar tout en témoignant de la vivacité de cette culture ancestrale et avec un « témoin »acteur-témoin » aussi inattendu que Ly.
