Un duo en surchauffe

Pour rythmer cette critique sociale, Kervern-Delépine proposent des situations souvent surréalistes, avec un humour noir à fleur de mots, dans des décors hyper-réalistes, ce qui renforce la portée de leur histoire.

Et bien sûr, ils ont réussi à réunir devant la caméra deux comédiens qui semblent proches dans leurs délires : Albert Dupontel et Benoît Poelvoorde. « On les avait déjà fait tourner de petites scènes dans nos films, donc il existait une forme de fraternité. Les réunir était notre challenge : c’est inouï que deux personnes, avec le même goût du cinéma et de l’humour noir, n’aient jamais joué ensemble. Ce sont deux personnalités très différentes et il a fallu les convaincre » déclarait Benoît Delépine. Le résultat est à la hauteur et les deux acteurs rivalisent d’imagination dans chaque séquence.

En prime, les réalisateurs ont embauché Brigitte Fontaine, jamais en reste quand il s’agit de provoquer. Elle joue la mère au côté de Areski Belkacem, son compagnon de vie et de scène, et qui incarne le père des frangins en plein délire. Au départ, elle avait refusé ce rôle maternel et a accepté quand les réalisateurs ont fait figurer dans le scénario les termes « la mère » par « la sorcière qui fume dans la forêt« . Enfin, musicalement, une scène-clé du film voit le groupe punk Les Wampas faire une apparition scénique pour rythmer la scène onirique où NOT se voit en train de slammer pendant le concert, et où Jean-Pierre est porté par la foule.

Une comédie déjantée qui garde toute sa puissance corrosive dix ans après sa sortie.

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