S’amusant à multiplier les clins d’œil cinématographiques – la façade qui tombe rappelle la célèbre séquence de Buster Keaton dans Cadet d’eau douce; l’affiche de Yoyo est une référence directe à Pierre Étaix et sa gaieté est un contraste à la mélancolie de Dog, certains moments renvoient à Jacques Tati – Mon ami robot se jouent des couleurs, parfois très symboliques comme celui des trois œufs qu’on voit éclore avec des oisillons verts et orange, les couleurs du drapeau irlandais.
Aidé par l’animation très belle dirigée par Benoît Feroumont, un montage rythmé, Mon ami robot est un animé qui peut se regarder à plusieurs niveaux : de la simple histoire d’amitié à une réflexion sur la solitude de nos sociétés pourtant connectées, nos vies surveillés avec ces murs de barbelés pour accéder à une banale plage, le grouillement des grandes cités mondiales… Une promenade poétique aussi rythmée par une bande originale qui épouse l’histoire, devient comme « la voix des personnages » pour reprendre l’expression du réalisateur. Une BO qui mêle les compositions originales d’Alfonso de Vilallonga à des tubes intemporels comme le célèbre September d’Earth Wind & Fire (*).
En passant à l’animation, Pablo Berger n’a rien perdu de son inspiration. Et il vient de recevoir le prix du Meilleur film d’animation aux European Film Awards. À découvrir rapidement !
(*) La BO est disponible chez Milan Records
