Si certains documents d’ordre privé sont d’une qualité médiocre, ce doc a le mérite immense de replacer le parcours de cette « femme exceptionnelle’ dans le contexte historique d’un pays qui gagna son Indépendance en 1975. Une femme qui, une fois le succès mondial venu, ne changera rien à ses habitudes, se « contentant » de se faire construire une belle maison dans sa ville natale. Un lieu devenant le dernier havre pour les gens démunis et d’autres… Grâce à des documents inédits, fournis par des proches, on découvre Cesária non pas sur scène, mais dans la vie de tous les jours avec ses instants de déprime, son humour à fleur de lèvres. Ainsi quand elle demande à Compay Segundo s’il « baise encore » avant d’éclater de rire comme s’il s’agissait d’une gaminerie. Une artiste disparue en décembre 2011 dans son île natale.
Évoquant aussi bien les inégalités raciales, la pauvreté, les questions de genre, ce documentaire est un opus dense qui dépasse largement le simple cadre de la musique, l’histoire de la morna ou de la coladeira, les deux musiques qui composèrent l’essentiel du répertoire de l’artiste.
Présente dans le documentaire, sa petite fille, aujourd’hui devenue nutritionniste, conclue : “Je suis qui je suis grâce à Cesária Évora. Ma grand-mère a brisé tous les obstacles qui étaient imposées aux femmes de son époque. Sa liberté était un pur acte de rébellion. Sans pour autant connaître l’expression « émancipation féminine », elle a toujours défendu les droits des femmes, au quotidien, à travers son mode de vie. Je donne souvent des conférences sur l’émancipation féminine et mon inspiration est toujours ma grand-mère. Même aujourd’hui au Cap-Vert, elle est une référence sur ce sujet.”
