Destins de femmes

Mêlant le tragique à l’humour – la reconstitution de la scène du mariage n’en manque pas, malgré la dureté de la situation initiale – Kaouther Ben Hania parvient à restituer dans sa complexité ce parcours de femmes, de mère et de fille. Elle montre bien comment les deux aînées, Rahma et Ghofrane ont pris le voile au départ comme un acte de rébellion face à l’état tunisien, incarné par le pouvoir corrompu de Ben Ali durant plus de deux décennies. Et les cadettes reconstituent les séquences où elles s’habillaient comme s’il s’agissait d’un jeu de rôle, d’un théâtre inquiétant.

« J’ai tout raconté pour rompre avec le passé », souligne Olfa à la fin du film, comme si l’aventure lui permettait d’exorciser un passé et un pays où le patriarcat cantonne les femmes dans un rôle. Tourné après un long travail de préparation et d’approche de la famille, Les Filles d’Olfa est un film-document qui ne peut que nous interpeller. Dans le bonus, on découvre une longue interview de cette mère qui a accepté de dévoiler certains « démons » familiaux et la manière dont les fanatiques religieux ont su jouer avec.

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