Avec une maîtrise certaine pour un premier film, John Patton Ford montre bien comment le succès étonnant d’Emily dans cette vie parallèle se déroule sans coup férir avec une « banale » arnaque à la carte de crédit. Pour autant, il n’en occulte pas les vrais risques. De séquence en séquence, le réalisateur montre avec un vrai sens du naturalisme comment se construit une « carrière » dans cette marge et permet à Emily de prendre sa revanche sur une société qui ne vit que d’exploitation et d’exclusion. C’est aussi un beau personnage de femme déterminée mais qui a aussi bien des fêlures, très bien campée par Aubrey Plaza, ce qui change des femmes d’action à la mode sur grand écran ou des romantiques un peu molles.
Même si le film ne révolutionne pas l’écran, ce portrait d’une femme qui galère pour tenir la tête hors de l’eau et qui rêve de terminer son diplôme de graphiste est une réussite. Parvenant à maintenir la curiosité du spectateur en éveil jusqu’au terme de l’histoire, ce « produit » du cinéma indépendant américain – il a reçu le prix du Public de la ville de Deauville – est à découvrir.
