Dans chacun des deux personnages, notamment dans la figure du vieux poète – une composition magnifique de Ki Joobong avec une espèce d’humour désespéré – , Hong Sang-soo glisse un peu vers l’autoportrait. Il répond : « Mon art reflète évidemment quelque chose de moi et je puise une partie de mon inspiration dans mes lectures, les tableaux que je regarde. Mais je fais toujours attention à ne pas réaliser une représentation de moi-même. »
Si le film n’est pas très novateur par rapport à l’univers du cinéaste, s’il est parfois un peu bavard, il s’en dégage une forme de poésie, de celle d’un haïku qui évoquerait ce qui fait le sel de l’existence, qui donne du prix au moindre geste du quotidien. L’univers cinématographique de Hong Sang-soo reste un monde cinématographique singulier et non dépourvu d’ironie sur le cours de l’existence.
