Des chansons intemporelles et éternelles.

Pour chanter ces inédits, arrangés par Gérard Daguerre, Olivier Marguerit ou encore François Rauberen, et enrichi de Paris tu me rends dingue, interprétée par Jeanne Moreau, une espèce de chanson-conte écologique avant l’heure, elle a fait appel à Dominique A, Philippe Katerine, Leopoldine HH, Vincent Dedienne, Cali. Quant à Serge Rezvani il donne joliment de la voix sur certains titres comme C‘était du temps de Canetti (avec Leopoldine HH) : « Quand Paris chantait par lui/ Que sommes-nous devenus depuis/ Adieu mes amis ». Si Cali en fait toujours un peu trop dans l’interprétation, le reste de la distribution est au diapason de ces textes en apparence simple mais ciselés pour dire les choses de la vie. Écrire des choses profondes avec une économie de mots, c’est le vrai talent.

Ainsi Vincent Deienne et Léopoldine HH célèbrent avec brio l’amour fusion dans Est-lui, est-ce moi ? De son côté Dominique A offrent trois versions magnifiques de chansons dont la plus forte est sans doute Au bord du long fleuve tranquille, sa chanson des deux amants… Quant à Pour une Marseillaise amie, c’est un magnifique hymne qui se moque de l’esprit cocardier et des couplets patriotiques : « Mais que veulent les peuples de la Terre/ Si ce n’est une juste équité/ Des lendemains où la misère/ Ne sera par leur sort obligé. » Des paroles auxquelles font écho celles de Je ne suis fils de personne, chanté par Rezvani et Cali : « Je ne suis fils de personne/ Je ne suis d’aucun pays/ Je me réclame des hommes. Aimant la terre comme un fruit. » Il fallait le délire d’un Philippe Katerine pour apporter une touche de déraison et de douce folie avec La Dame d’en face.

Avec ce disque, passé et présent se mélangent pour former, sur l’écran noir de nos mémoires, des histoires qui ne ne peuvent vieillir.

(*)Productions Canetti

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