Se servant du choix des costumes comme éléments de « dialogue » entre ses personnages – Dominique Blanc apparaît ainsi, le verbe haut, dans des tenues de grande bourgeoise – dans cette maison de la Riviera aux intérieurs d’un kitsch absolu, le cinéaste signe une comédie noire. Cette maison est un autre « personnage » du film, tant elle semble écraser ses occupants d’un luxe tapageur. Sébastien Marnier ajoute : « Je ne pouvais plus imaginer aucune autre maison pour le film. Qui d’autre que Louise pour avoir un escalier en marbre rose ! Et tous les mouvements de caméra devenaient possibles dans ces 4 500m 2 ! Comme le personnage de Louise ne jette rien, il fallait toutefois la remplir. »
Malgré l’abattage d’un casting de choix – Jacques Weber est un extraordinaire autocrate déchu et confronté à ce clan de femmes quand Laura Calamy campe une jeune femme aussi mystérieuse qu’inquiétante – malgré une mise en scène qui a une classe certaine, le film finit par sembler long, tant certaines situations sont caricaturales. On a du mal à penser que l’affrontement entre Stéphane et la détenue en permission (Suzanne Clément impeccable) se déroule sans que les trois femmes réunies dans le salon n’entendent rien à ce tapage. Entre autres. Et finalement, à force d’effets trop soulignés, de dialogues un peu téléphonés, le polar perd un peu de son intensité. Cela pourrait être du Chabrol, mais il manque un peu de légèreté dans la cruauté et de mordant dans les dialogues pour que l’élève égale le maître.
