Reconstituant l’époque dans le moindre détail, Chinonye Chukwu montre bien comment les Noirs tentent de faire « oublier » leur couleur pour ne pas prêter le flanc à la moindre agression et comment le Mississipi des années 50 est un véritable nid de racistes, comme le prouve l’interpellation du shériff quand Mamie Till-Mobley et ses avocats débarquent au tribunal pour défendre la mémoire de son fils. Danielle Deadwyler joue avec une grande autorité et une belle palette d’émotion cette mère brisée, mais qui tient à faire front même si tout est fait pour la faire taire. Et, bien avant la vogue communicante, elle comprend la puissance d’une photo, terrible, publiée dans le magazine Jet.
La force politique du film est indéniable, tout comme la solidité de son casting. On peut en revanche regretter que la mise en scène ne soit pas plus audacieuse et ne sorte pas plus d’une image d’Épinal du sud des États-Unis, de ses champs de coton… C’est ce qui noie un peu la force du message politique avec cette forme de mélodrame destiné à un large public.
