Un homme de paroles

Il faut le voir par exemple se souvenir comment des visiteurs musulmans lui ont demandé d’assister à l’abattage d’un cochon – car ils « n’avaient jamais vu ça » – alors qu’il faisait tout pour ne pas les confronter à la scène et comment tout cela s’est terminé par une grande fête où plus personne ne portait sa religion comme un étendard. L’humour, notre homme n’en est pas dépourvu qui raconte avec ses mots comment les services administratifs lui ont retiré certaines autorisations à cause de la taille de ses toilettes. Pour autant, il recevra une distinction de l’Éducation nationale pour ses services rendus, alors qu’elle est d’ordinaire réservée aux gens du sérail.

En parallèle, et c’est ce qui fait la densité du doc, Florent Verdet décrit bien le quotidien de paysans acculé à une vie frugale : les témoignages des filles de l’exploitant sont, à cet égard, très émouvants. Un homme veuf qui ne se plaint jamais face à la caméra et conserve une faconde certaine en toutes circonstances, même si son regard pétri d’humanité en dit parfois long, même si l’avenir de son exploitation est plus que menacée.

C’est un beau plaidoyer sur la tolérance et la culture populaire que nous offre ce documentaire qui, sans être bouleversant sur le plan de la réalisation, sort des sentiers battus. Car Gégé est vraiment un grand-père de compétition !

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