Alors, à travers leurs confidences qui touchent aussi bien aux violences familiales que les violences urbaines, les agressions sexuelles, que… leur définition de l’imagination, le tout sur fond de musique latino (rap et cumbia) – des musiques qui sont un moyen d’expression privilégiée de ces jeunes femmes – Clare Weiskopf et Nicolas van Hemelryck livrent un tableau saisissant de le vie des couches populaires les plus pauvres en Amérique du sud. En prime, on se dit que de tels témoignages pourraient aussi, malheureusement, avoir lieu en Europe et ont donc une certaine universalité.
Tout en s’amusant avec des doudous, comme ce lapin rose qu’une des pensionnaires bichonnent dans sa machine à laver, ces jeunes femmes font montre d’un courage singulier et d’un appétit de vivre qui ne peut que surprendre, tant leur parcours tient de l’univers de Misérables modernes. Il y a des propos dont la valeur symbolique est forte comme lorsque l’une d’entre elles lance face à la caméra : « J’ai dit à Anis : « Tu es une princesse. » On ne doit pas baisser la tête sinon la couronne tombe... »
Ce courage de la jeune génération de filles, et qui échappe à tout angélisme, ne peut, grâce à cette construction des plus originales, que nous aller droit au cœur. Toutes les jeunes filles ne rêvent pas – et heureusement – à être influenceuses…
