D’évidence, Ramzi Ben Sliman s’est beaucoup documenté avant de tourner, notamment les séquences de danse et s’est inspiré notamment pour les dialogues de Graines d’étoiles, de Françoise Marie, qui avait filmé les élèves et les cours. De fait, cela donne un ton très réaliste et juste aux séquences dédiées aux entraînements.
Sous la forme d’un conte, parfois un peu naïf, il montre bien comment un lieu aussi mythique que l’opéra de Paris, et fascinant par bien des aspects a bien du mal à se moderniser, à surmonter de vieilles traditions, un racisme un peu honteux. On ne peut qu’être étonné par la maturité de jeu de Oumy Bruni Garrel qui, pratiquant la danse classique, contemporaine, jazz et hip-hop, est très crédible dans ce rôle car, en prime, elle joue juste. En recherchant la perle rare, et avant d’avoir trouvé Oumy, le cinéaste s’est aperçu à quel point il était difficile de faire de la danse classique quand on est noire. Il raconte : « J’ai pris conscience de cet autre plafond de verre : les petites filles noires abandonnent la danse classique très tôt, parce qu’elles n’y voient aucun avenir pour elles. Face à elle, Maïwenn campe avec autorité et subtilité cette directrice d’école qui fait tout pour ne pas voir Neneh intégrer son école.
Un film optimiste dont le message fait oublier certaines baisses de rythme et certaines passages moins réalistes (on se demande par exemple comment le père de Neneh trouve t-il tout ce temps pour accompagner en permanence sa fille à ses cours). C’est aussi un bel hommage à la passion des pointes.
