Porté par la musique magnifique de Peter Gabriel, sa première bande originale qui contient des sons déjà existants (envol et chants d’oiseaux) ainsi que des rythmes indiens ensuite mixées – un bonus du DVD lui est consacré dans le livret où figurent une série de photos d’archives- le film reste visuellement très fort et la mise en scène très rythmée. Il est vrai, le travail photographique signée Michael Seresin, le complice d’Alan Parker, est d’une rare force. Pour la première fois dans un long-métrage, le cinéaste a utilisé une « skycam », une caméra tyrolienne : tenue par des câbles suspendus à quatre grues, ladite caméra était dirigée par ordinateur et a été utilisée pour la séquence dans laquelle Birdy rêve qu’il peut vole vraiment. À l’écran, cela procure des séquences d’une grande force visuelle.
Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 1985, Birdy a conservé, avec le temps, toute sa force. La puissance de l’histoire repose sur le jeu des deux acteurs principaux. Encore au début de sa carrière, Nicolas Cage éclate dans ce personnage où il illustra sa manière jusqu’au-boutiste. Campant cet homme gravement blessé au combat, Cage aurait même décidé de se faire arracher deux dents pour la crédibilité de Al, face à un Matthew Modine, à jamais brisé dans sa tête et qui joue, lui, sur un mutisme profond qui ne peut que susciter la compassion.
Hymne à l’amitié, à la liberté et dénonciation de la folie guerrière, Birdy reste un film qui n’a pas vieilli et conserve toute sa force de dénonciation de cette « connerie », la guerre.
