Victimes du djihad

Montrant bien comment l’embrigadement religieux peut conduire au pire, Adil El Arbi et Bilall Fallah – connues pour des films de gangsters esthétiques comme Black ou Bad Boys For Life– surprennent ici en signant un drame prenant de bout en bout, aussi bien dans les séquences plus familiales avec Leïla qu’en Syrie où certaines passages sont d’une rare violence, notamment quand Kamal tente de sauver la jeune femme qui lui a été « offerte » par les fous de Dieu. Jouant sur deux types de photographies pour distinguer Molenbeek de la Syrie, une terre qui ressemble à un pays de western où les motos ont remplacé les chevaux, Rebel est un drame puissant, malgré certains dialogues un peu scolaires, et qui montre bien comment l’individu a peu de chance de se tirer des mailles du filet tendu par l’État Islamique autour de ses proies.

« L’État Islamique est quelque chose de vraiment différent de toutes les autres organisations terroristes. On a beaucoup travaillé sur l’évolution de ce mouvement, il fallait livrer un récit le plus nuancé possible pour faire comprendre comment des jeunes se sont faits abuser par cette organisation », soulignent Adil El Arbi et Bilall Fallah. Objectif ambitieux, mais objectif tenu haut la main !

Laisser un commentaire