Un drame si moderne…

Les seuls rescapés de ce jeu de massacre sont le toubib pas vraiment attiré par la vie (Pierre Fresnay est admirable) et une infirme aux mœurs légères campée par Ginette Garcin. Et le film passe ainsi en revue, par le truchement de ces lettres anonymes, l’adultère comme l’avortement avec un ton qui est très audacieux pour l’époque. Chez Clouzot, le « bourgeois » n’est pas plus à la fête que les « petites » gens.

La réalisation est, de bout en bout, à la hauteur et la scène expressionniste du balancement d’une ampoule symbolisant l’alternance du bien et du mal est restée dans les mémoires. On sait à quel point Alfred Hitchcock l’admirait par exemple. Découpage nerveux, dialogues incisifs : Le Corbeau reste un incontournable du cinéma.

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