Le business de l’ amitié

Dans First Cow, tout est dans la suggestion et dans l’art de peu montrer. Avec un sens remarqué du cadre, Kelly Reichardt raconte un succès américain pour livrer, dans le même temps, une habile critique du système économique construit sur une telle réussite. Et l’on sent bien que ce business ne peut que conduire à une vengeance certaine et au triomphe des puissants. Sous le regard doux d’Evie, la vache sélectionnée pour être le deuxième personnage du film, les personnages tentent de convertir leur rêve en réalité mais le principe de réalité ne peut que les rattraper

Sur la plan de la mise en scène d’un film tourné en 4/3, on ne peut que saluer le travail du directeur de la photographie Christopher Blauvelt misant sur une gamme singulière de couleurs définissant une atmosphère très originale. Commentaires de la cinéaste : « On a puisé notre palette de couleurs dans les tableaux de cow-boys de Frederic Remington, pour les bleus et verts sombres et la lumière ocre ». Avec lui, Kelly Reichardt a compulsé plusieurs ouvrages de photographies de l’époque pour s’imprégner de ces images d’un temps révolu.

Derrière un film d’une simplicité apparente, on découvre un récit d’une grande profondeur marqué par une réalisation tout à fait splendide et maîtrisée.

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