Le voyage de retour

Avec Henri Desaunay, le chef opérateur/ingénieur du son, ils ont opéré, comme le dit le réalisateur en « mode touristes » en tournant avec un appareil photo. En partant de quelques points de chute, de quelques contacts, le réalisateur suit ce parcours et les rencontres que Taj fait durant ce voyage.

Et l’on ne peut qu’être saisi par la maturité de ce jeune homme qui contrôle le plus souvent ses émotions, y compris quand il se recueille en Afghanistan sur la tombe de son père et de ceux de sa famille. Et qui ne tire jamais sur la corde sensible même quand il se souvient comment, à la frontière iranienne, un ami a été tué par les gardes « qui tirent sur les migrants.« 

Sans jamais hausser le ton, Taj devient une forme de haut-parleur pour tous les réfugiés. Ainsi, il raconte comment en Grèce à Patras, les gens qui venaient déposer de la nourriture pour les migrants ne leur adressaient jamais la parole, « comme si nous étions des chiens sauvages. » Au détour d’une escale, il parle encore à un réfugié iranien à Athènes où il galère depuis trois ans et qui lui avoue : « Je sais que je vais mourir dans ce pays« . Avant d’ajouter : « Je viens d’un pays qui n’est pas en guerre, c’est pour ça que je ne rentre dans aucune case. »

D’une grande puissance, Les Mots de Taj est un documentaire d’autant plus poignant que son auteur ne cède jamais au moindre pathos. Et que Taj a vraiment un charisme étonnant dès sa première apparition à l’image.

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