Un cliché ou la vie…

Outre la quête existentielle de Louis, hanté par le souvenir spectral de son fils avec ses yeux qu’il semble le seul à voir dans la pénombre, ce drame est aussi l’occasion d’évoquer le bidonnage et les fausses nouvelles qui sont devenus une plaie en notre temps de fake news, de conspiration à tout vent et de réseaux sociaux en forme de déversoir de la médiocrité humaine. De fait, Louis met sa vie en péril pour faire une photo quand l’artisan peu scrupuleux qui est « embarqué » avec l’armée n’hésite pas, lui, à scénarises ses clichés qui sont, esthétiquement sans doute parfaits, mais, finalement complètement bidons.

Cinéma sensoriel, porté par le beau travail de David Chambille, le directeur de la photographie (qui a travaillé avec Bruno Dumont comme Gaël Morel) – dans la scène du bordel notamment- , Vers la bataille est un film qui oscille entre réalisme et onirisme. Dans ce monde en forme de cauchemar éveillé, Malik Zidi signe une composition solide et prouve qu’il a la carrure pour porter ce projet. En revanche, le manque de rythme de certaines séquences atténue la portée de cette longue errance métaphysique dont on sent vite que l’issue ne pourra être que dramatique. Tout comme la présence de personnages qui tombent un peu dont ne sait où comme celui du général Trochu campé par Thomas Chabrol qui ne parvient pas à incarner avec force l’officier. Et pourtant, la rencontre entre Louis et le paysan mexicain, Pinto, ne manque pas de force.

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