JE PROMETS D’ÊTRE SAGE, de Ronan Le Page – 1h32
Avec Pio Marmai, Léa Drucker
Sortie : mercredi 14 août 2019
Mon avis : 3 sur 5
Le pitch ?
Après des années de galère dans le théâtre, à bout de nerfs, Franck plaque tout ! Il aspire à une vie qui se tienne enfin et accepte un poste de gardien de musée loin de Paris, au calme. C’était sans compter sur Sibylle, une agent de surveillance caractérielle qui va lui mener la vie dure et tout faire pour le décourager. Ils vont pourtant être amenés à s’allier pour monter une petite escroquerie. Une chance peut-être de reprendre leurs vies en main…
Faire de gardiens de musée les héros d’une comédie déjantée : c’est le pari original de Ronan Le Page dans cette histoire, tournée après l’abandon d’un autre projet. Il raconte d’où lui est venue son inspiration : » Un de mes amis était employé dans ce type d’établissement et m’avait raconté les agissements d’une gardienne qui entretenait des relations exécrables avec ses collègues. Cette femme, qui avait été assistante sociale et avait atterri là à la suite d’une dépression, ne supportait pas ce nouveau travail et déclenchait des torrents d’hostilité autour d’elle. Je connaissais bien cette énergie négative pour l’avoir quelque fois éprouvée et cela m’a inspiré Sibylle, l’héroïne du film. Le lieu même du musée m’attirait : un lieu poétique, cinégénique, à l’abri du monde, mais qui peut être aussi très étouffant… »
Dès l’ouverture du film, Ronan Le Page donne le ton de cette comédie grinçante avec
l’hallucinante séance de la représentation théâtrale où Franck pique une grande crise d’hystérie en direct. La première partie de l’histoire est à l’unisson et, quand il décroche enfin un stage, l’ancien metteur en scène semble contenir toute la nervosité qui est en lui. Ce qui donne lieu à quelques étonnantes séquences d’hallucination quand Franck est fasciné par les œuvres macabres exposées qui le renvoient à son univers précédent et à ses délires de metteur en scène.
Face à Pio Marmaï survitaminé et qui joue son dialogue à belle vitesse, Léa Drucker surprend dans un registre nouveau : celui d’une jeune femme, Sibylle, au passé mystérieux dont elle a hérité une difficulté à dire certains mots longs. « En écrivant, je me disais qu’elle aurait pu être victime d’un traumatisme crânien léger, ce genre de lésions indécelables au scanner et qui, du coup, ne donnent lieu à aucune protection sociale particulière. Les gens qui les subissent en sortent diminués et sont en quelque sorte condamnés à une dégringolade sociale parce qu’ils ne sont plus en mesure d’exercer la profession qu’ils avaient autrefois. Le parcours de Sibylle ressemble à cela : elle, à qui il est arrivé de diriger des équipes de dix personnes, a désormais des problèmes avec l’écrit et la mémoire, et refuse, par orgueil, que l’on découvre son infirmité. Donc, elle redouble d’agressivité. Je suis très fan des personnages qui font tout pour donner le change« , note Ronan Le Page .
Après un tel démarrage, on reste un peu sur sa faim au terme de cette histoire d’escrocs au long cours – les dialogues chez l’antiquaire sont très réussis – car l’histoire qui se tisse alors entre Sibylle et Franck semble un peu banale et les retrouvailles sur la côté portugaise déçoivent un peu. Cela dit, il y a vraiment un ton et un rythme dans cette comédie qui a le mérite de l’originalité. Pas mal au cœur de l’été, non ?


Une réflexion sur “DEUX ESCROCS AU MUSÉE”