L’ENFANT ET LA MAGIE

 

MARY ET LA FLEUR DE LA SORCIÈRE, de Hiromasa Yonebayashi – 1h42

Avec les voix de Ruby Barnhill, Kate Winslet, Jim Broadbent

Sortie : 21 février 2018

Mon avis : 4 sur 5

Le pitch ?

C’est l’été. Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu’une fois tous les sept ans. On l’appelle la « fleur de la sorcière ». Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possédera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s’élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages. Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

Ce qui touche dans cette animation ?

Né en 1973, Hiromasa Yonebayashi a intégré le Studio Ghibli en 1996 où il a travaillé comme intervalliste à l’animation sur Princesse Mononoké en 1997 et Mes voisins les Yamada (1999) avant de voler de ses propres ailes avec le producteur Yoshiaki Nishimura. Le cinéaste souligne : « On n’avait pas le nom prestigieux du Studio Ghibli, puisque Ponoc était tout nouveau et donc pas connu, on a eu du mal à trouver les financements. On a dû travailler avec un tout petit budget. »

Pour autant, les contraintes n’ont pas bridé l’imaginaire du réalisateur et il a concocté une histoire jeune et joyeuse où l’action est au rendez-vous. Par la grâce du balai magique, Mary peut sauteur joyeusement d’un univers à l’autre dans de folles cavalcades. « Dans Mary et la fleur de la sorcière, je voulais que Mary soit très active dans ses mouvements, que ça se voit à l’écran, et je me suis dit que la méthode de dessin fait à la main conviendrait très bien. On compte parmi nos employés des artistes extrêmement talentueux en dessin et je voulais intégrer leur savoir-faire dans le film » ajoute Hiromasa Yonebayashi.

Jouant sur de nombreux clins d’œil aux films de monstres et aux films catastrophes, Hiromasa Yonebayashi a su imaginer, en adaptant un livre de la romancière britannique Mary Stewart,  avec le scénariste Riko Sakaguchi et ses équipes de vraies personnages de méchants avec le couple de savants fous qui veulent changer les autres et le monde pour satisfaire à leurs délires de monde parfait.

Avec des séquences très variées – de la petite maison paisible de la tata gâteau au domaine magique où évoluent des créatures qui se transforment à vue d’œil – ce film d’animation très joliment coloré multiplie les scènes d’action et invite petits et grands à un beau spectacle magique et poétique. Une chose est sûre : dans ce troisième film, Hiromasa Yonebayashi reste fidèle aux femmes occidentales dont il s’est inspiré. Il conclue : « Ces trois histoires parlent d’une petite fille qui arrive à franchir une étape dans sa vie. Ce qui m’intéresse, c’est cet instant où les jeunes gens arrivent à ne pas faire un pas de géant, à accomplir une transformation gigantesque, mais se contentent de faire un petit pas afin de mûrir un petit peu plus, d’acquérir un peu plus de confiance en eux et d’avancer dans leur vie. » C’est déjà une philosophie dans l’existence, non ?

 

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