PORTRAIT D’UNE FAMILLE REBELLE

À CEUX QUI NOUS ONT OFFENSÉS, de Adam Smith – 1h39

Avec Michael Fassbender, Brendan Gleeson, Rory Kinnear, Sean Harris

Mercredi 1er mars 2017

Je vote : 3 sur 5

Le pitch ?

Les Cutler vivent comme des hors-la-loi depuis toujours dans une des plus riches campagnes anglaises, braconnant, cambriolant les résidences secondaires et narguant la police. Luttant pour faire perdurer leur mode de vie, Chad est tiraillé entre les principes archaïques de son père et la volonté de faire le nécessaire pour ses enfants. Mais la police, les traquant sans relâche, l’obligera peut-être à choisir entre sa culture et le bonheur des siens…

TRESPASS AGAINST US

Y aller ?

Pas facile de s’inspirer du petit bijou d’Emir Kusturica (Chat noir, chat blanc), tout en faisant œuvre originale et en racontant le parcours d’une famille de marginaux qui vivent de casses dans un coin paumé d’Angleterre. Adam Smith s’y est essayé en décrivant cette famille coupée de tout 445929et dont les membres n’ont ni compte bancaire, ni passeport ou numéro de sécurité sociale. Si le sujet n’est pas bouleversant d’originalité, Adam Smith parvient à imprimer sa griffe au film en traitant notamment des tensions dans cette tribu entre ceux qui veulent se sédentariser et l’autre partie du clan – les plus anciens – qui fait tout pour empêcher ce changement radical de vie.

Evoquant ces tiraillements, Michael Fassbender souligne : « Pourquoi Colby n’a t-il pas envoyé Chad à l’école ? J’en ai parlé avec Brendan. Etait-ce un moyen de garder le contrôle sur lui ? L’envoyer à l’école signifiait-il l’intégrer à un système avec lequel il est en désaccord et qui polluerait son mode de pensée et la communauté des gens du voyage ? »

De ce fait, le film touche à un thème universel qui dépasse le cadre strict de ce film social sur fond de polar où les scènes de poursuite en voiture au cœur de la forêt sont filmées avec une efficacité certaine.

TRESPASS AGAINST US

Un des indéniables succès du film, c’est un casting parfait où  adultes et enfants sont, tous, au diapason. En premier lieu, il y a Michael Fassbender qui sait varier les sujets pour se ressourcer. Cette fois, il s’est plongé dans le dialecte particulier du clan Cutler (leur accent est celui des quartiers pauvres du Gloucestershire. Adam Smith souligne : « Michael a appris ce dialecte religieusement, ce qui est vraiment difficile

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d’autant plus qu’il n’est pas très connu. Ce n’est pas un accent très répandu dans le sud-ouest de la Grande Bretagne. Il est plus saccadé. » Face à lui, l’excellent Brendan Gleeson campe le paterfamilias farouchement campé sur des valeurs anciennes. « Le film parle des temps qui changent et de l’idée que, parfois, il est difficile de se défaire des traditions pour en accepter des nouvelles« , souligne Michael Fassbender.

Si le film a parfois du mal à rebondir dans la deuxième partie du récit, et malgré une belle scène finale « poétique » et ingénieuse, sa force tient finalement au fait qu’il n’impose pas une lecture, ne fait pas la leçon. Ainsi, la description des préjugés bien ancrés dans les esprits n’en est que plus forte.

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