LE PARC, de Damien Manivel- 1h11
Avec Naomie Vogt-Roby, Maxime Bachellerie, Sobere Sessouma
Sortie : mercredi 4 janvier 2017
Je vote : 2 sur 5
Le pitch ?
C’est l’été, deux adolescents ont leur premier rendez-vous dans un parc. D’abord hésitants et timides, ils se rapprochent au gré de la promenade et tombent amoureux. Vient le soir, l’heure de se séparer… C’est le début d’une nuit sombre.
Et alors ?
Pour expliquer la naissance de cette ballade poétique (en partie nocturne), Damien Manivel raconte : « Les parcs sont pleins d’histoires ordinaires. J’aime y passer du temps
et observer. Quand je regarde longtemps ces paysages, du banal surgit l’étrange. Comme si derrière les
pelouses ensoleillées et les jeux,
se cachait quelque chose de sombre et indistinct. Cette impression a guidé l’écriture du film. Je suis donc parti d’une
de ces histoires ordinaires, comme on peut en voir dans un parc l’été : un couple d’adolescents assis sur un banc,
mal à l’aise à l’idée du premier rendez-vous amoureux. » Après Un jeune poète, sorti il y a un an, le réalisateur poursuit un parcours personnel avec le portrait d’une jeune fille de son temps, filmée de son point de vue, ou l’histoire d’un amour, de son déclenchement à sa fin. Le temps de quelques heures.
Le choix du cinéaste est de construire tout un univers à partir de détails simples du quotidien, un regard sur un couple, le vol d’un oiseau… Bref, tous ces petits riens qui font l’existence et meublent les souvenirs de vie au final assez banale. Avec au cœur du scénario l’histoire du duo amoureux et des difficultés d’explorer la Carte du tendre. Damien Manivel souligne : « L’idée de la première fois me touche particulièrement. L’approche maladroite, les premiers rires et caresses, tomber amoureux et être quitté. L’idée qu’à ces âges-là, quand on traverse des épreuves comme la séparation amoureuse, on traverse littéralement le feu. »
Si le film ne parvient pas à séduire de bout en bout, si l’action manque parfois de s’enliser dans un banalité soutenue, il y a quelques vrais moments de grâce telle la rencontre nocturne entre la jeune fille perdue dans ses sentiments et le gardien noir qui la prend sous son aile. C’est dans ce moment où le film glisse insensiblement vers le fantastique qu’on aurait aimé voir le cinéaste installer durablement son récit qui a bien du mal à démarrer.

