LE PROFESSEUR DE VIOLON, de Sergio Machado – 1h40
Avec Lázaro Ramos, Kaique Jesus, Elzio Vieira
Sortie : mercredi 22 juin 2016
Je vote : 4 sur 5
Le pitch ?
Laerte, talentueux violoniste, rêve depuis toujours d’intégrer l’orchestre symphonique de São Paulo. Dévoré par le trac, il échoue à l’audition et accepte à contrecœur d’enseigner la musique à des ado- lescents d’Heliópolis, la plus grande favela de la ville. Dans cet univers pourtant hostile, où gangs et dealers règnent en maîtres, Laerte va tisser des liens forts avec ses élèves…
Un scénario joliment inspiré d’une histoire vraie. Jeune, le cinéaste brésilien (il a longtemps travaillé avec Walter Salles) a baigné dans la musique : son père et sa mère sont, l’un et l’autre, musiciens à Bahia. Pour donner à son film le caractère le plus authentique, il a, avec son équipe, fait un gros travail d’enquête sur le terrain et raconte : Quand on s’est mis au travail, on a essayé d’avoir le maximum d’informations sur l’histoire de l’Institut Baccarelli afin de définir au mieux l’univers du film. Marta Nehring, scénariste et documentaliste, est même allée jusqu’à s’installer temporairement à Heliópolis. Nous avons interviewé des dizaines de musiciens et de professeurs et nous avons également discuté avec les musiciens qui jouaient aux débuts de l’Orchestre et que l’on aperçoit dans le lm. J’ai discuté du scénario à de nombreuses reprises avec Edilson et Edmilson Venturelli, qui dirigent l’Institut Baccarelli. J’ai suivi des cours et j’ai même tenté d’apprendre le violoncelle pendant deux mois afin de me retrouver entouré d’étudiants et d’être en mesure de mieux appréhender leurs problématique. »
On comprend alors mieux pourquoi, de séquence en séquence, le film sonne si juste, que ce soit dans les répétitions que dans les scènes de rue et dans les moments de tension avec la police.
Un casting solide. Mêlant acteurs professionnels et comédiens amateurs, Sergio Machado parvient à donner une vraie unité à son histoire. Il souligne qu’il avait expérimenté cette technique avec Walter Salles sur le tournage de Central do Brasil. Et d’ajouter : « Depuis, j’ai toujours appliqué cette même recette dans tous mes films. » Là où il a eu la main particulièrement heureuse, c’est dans le choix de Lázaro Ramos qui campe ce soliste contraint de travailler dans la favela. « Dès qu’il eut fini de lire le scénario, il m’a appelé pour me dire qu’il voulait à tout prix jouer Laerte car c’était son histoire ! Nous avons été bien avisés de l’écouter. En choisissant Lázaro , nous avons ajouté de la densité au film. En plus d’être un merveilleux acteur, Lázaro est devenu coauteur. Il a su être le ciment de tous nos interprètes, et a tout de suite su parler aux enfants d’égal à égal et du coup, ils ont tous suivi son exemple » souligne le réalisateur brésilien.
Alors, certes, on aurait pu, ici où là, avoir une mise en scène plus audacieuse, un montage plus étonnant, mais ce film, bourré d’optimisme mais pas du tout naïf est construit sur une partition juste de bout en bout. Et il est bel et bien touchant dans bien des séquences où son ton juste ne peut laisser indifférent.


