IRINA – LA MALLETTE ROUGE, de Bernard Mazauric – 1h27
Avec Aman Bains, Mattheux Shanfari
Sortie : mercredi 3 septembre 2014
Je vote : 1 sur 5
1995 alors que la guerre de Bosnie se termine, les violences entre les ethnies n’ont pas disparu. Pourchassés par des miliciens, Irina, 9 ans, et son père s’enfuient quand celui-ci est touché par la balle d’un sniper. Livrée à elle-même, Irina trouve refuge dans une ferme isolée d’une famille de paysans bosniaques et se lie d’amitié avec le jeune Malik. Mais les rancœurs viennent vite perturber cet équilibre fragile.
Et alors ?
Les bons sentiments ne font pas toujours les belles histoires et ce conte, sur fond de guerre civile moderne au fond de la campagne bosniaque, en est la preuve. Bernard Mazauric explique ce qui lui a inspiré son récit : « Pendant la guerre Serbo-Croate, la télévision diffusait en permanence des images du conflit. J’avais été frappé par un reportage qui montrait des réfugiés qui passaient un col enneigé. Loin derrière le groupe, une petite fille essayait de rattraper la colonne des adultes. L’épaisseur de la neige lui faisait perdre du terrain. Longtemps, je me suis demandé ce qui était advenu à cette gamine. »
Cela aurait pu donner une histoire touchante et forte. En optant pour ce conte pour enfants, il ne parvient pas à nous émouvoir vraiment avec les aventures de cette petite fille -bien jouée par Aman Bains- qui paraissent in fine peu vraisemblables et accumulent bien des poncifs avec notamment le personnage du paysan bourru mais qui prouvera ses qualités humaines. De même, l’évocation des relations ethniques semblent bien caricaturale et le personnage du milicien cruel manque vraiment d’épaisseur psychologique. Quant aux scènes avec les mines, elles sont aussi peu crédibles que possible, notamment dans la séquence finale où l’on a bien du mal à croire à une issue.On ne peut qu’être sensible à un film qui dénonce les horreurs de la guerre civile et défend le pacifisme. Encore fallait-il le faire avec plus de nuances. En prime, le doublage des acteurs semblent avoir été fait à la serpe et ne fait qu’amplifier le côté caricatural de ce conte trop beau pour être vrai. Sans oublier une musique originale qui manque vraiment d’inspiration.
Le spectateur reste finalement très peu concerné par un récit qui devait susciter une vraie émotion. Il y avait bien des manières plus subtiles de dénoncer les ravages d’un tel conflit ethnique…


