LA MAISON DES MALEFICES

CONJURING – LES DOSSIERS WARREN, de James Wan – 1h50

Avec Vera Famiga, Patrick Wilson, Ron Livingston, Lili Taylor

Sortie : mercredi 21 août 2013

Je vote : 2 sur 5

21015603_20130626154300437Quezako ?

Conjuring : Les dossiers Warren, c’est l’histoire horrible, mais inspirée de faits réels comme le signale le générique,  d’Ed et Lorraine Warren, enquêteurs paranormaux réputés dans le monde entier. Un beau jour, ils  viennent en aide à une famille terrorisée par une présence inquiétante dans leur ferme isolée… Contraints d’affronter une créature démoniaque d’une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l’affaire la plus terrifiante de leur carrière.

Et alors ?

D’emblée, on est dans un univers familier avec la bonne vieille maison hantée, isolée -une propriété de Caroline du Nord, au bord de la Black River– une famille nombreuse qui y aménage et des manifestations surnaturelles qui s’y passent -sonores principalement- et fichent la trouille à toute la tribu. La mère en première ligne. Le plus de l’histoire, c’est de s’être inspiré de la carrière de célèbres chasseurs de fantômes américains, Ed et Lorraine Warren qui auraient eu affaire à près de 21014577_201306211700550894000 cas au cours de leur carrière d’experts en combat des forces du mal ! « Mon objectif était d’intégrer au récit des événements hallucinants qui leur étaient arrivés, tout en restant fidèle à l’affaire Perron », souligne James Wan, créateur entre autres de la série Saw. Qui ajoute : « J’ai toujours admiré les Warren. Ils ont été les premiers à débusquer les fantômes en utilisant du matériel technique et en recueillant des preuves à l’aide de films et d’enregistrements audio. Comme ils ont inspiré énormément de livres et de films, c’était génial de pouvoir tourner un long métrage qui parle d’eux autant que du foyer sur lequel ils enquêtent. » Le couple avait enquêté sur une autre affaire qui donna à moudre au cinéma : la maison d’Amityville.

James Wan sait tourner une scène d’action et d’épouvante et il mène sa barque à une belle allure dans ce récit où est très bien reconstituée l’atmosphère des années 70. Notamment par le travail du directeur de la photographie, John R. Leonetti, vieux complice du cinéaste. Pour obtenir l’image ad hoc, il a choisi de tourner avec une caméra numérique Arriflex Arri Alexa, plus sensible à la lumière que l’argentique, optimale pour les détails et les gros plans dans la pénombre, et des objectifs Leica, qui renforcent contrastes et aspect de l’image. Idem pour le décor qui nous fait faire un joli bond dans le temps et offre quelques belles réussites comme la pièce dédiée dans la maison des Warren aux objets des maléfices, notamment cette poupée Annabelle au maquillage effrayant et à la taille pas banale. Et qui est enfermée à double tour dans une vitrine d’exposition, preuve de sa force maléfique s’il est est.

21014578_20130621170055277Vera Famiga et Patrick Wilson campent avec justesse ce couple confronté aux fantômes. Le comédien déclare : « Toute sa vie, Ed Warren s’est dangereusement rapproché du monde des ténèbres, parce qu’il avait vraiment à cœur de venir en aide aux gens. Il était conscient que le sentiment de terreur qui s’était abattu sur eux pouvait toucher n’importe qui, y compris lui-même et sa femme Lorraine. » Dans l’histoire, un des intérêts est de mettre en présence ces Warren qui sont des catholiques très pratiquants face à Roger et Carolyn Perron qui ne sont pas vraiment croyants. Propos de James Wan : « D’un côté, il y a les Warren, catholiques pratiquants et exorcistes réputés, et de l’autre, les Perron, qui ne sont pas du tout religieux. Et c’est alors que leurs parcours se croisent. Je me suis que c’était plus effrayant encore de relater cet épisode terrifiant en adoptant le point de vue des experts en démonologie et celui de cette famille qui ne connaît rien au paranormal. »

Si la mise en scène est efficace, le fond du film ne peut laisser indifférent tant James Wan appuie sur la religion, et l’opposition entre Dieu et le Diable, y compris dans le générique final. L’expression de la bonne conscience et de la morale face au Mal semble alors terriblement l’expression d’une mentalité américaine. Et un certain nombre de séquences -notamment celles où Ed Warren installe les inévitables crucifix- manquent cruellement de distance et semblent idéologiquement douteuses. On est loin d’un film comme La Maison du Diable, grand classique de Robert Wise. Ce salmigondis religieux apporte alors une lourdeur indéniable à un film qui finit par multiplier les caricatures du genre. Au final, un spectateur un brin sceptique a du mal à embarquer dans un tel récit, même si certains moments, notamment dans les moments où la caméra nous entraîne dans les caves et les cavités situées derrière les murs.  Sans oublier quelques plans saisissants à l’extérieur, quand les héros se promènent autour du splendide arbre au bord de l’étang : un pacanier vieux de 150 ans et à l’apparence terriblement hostile.

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