ANNALISA, de Pippo Mezzapesa – 1h22
Avec Nicolas Orzella, Luca Schipani, Aylin Prandi, Cosimo Villani
Sortie : mercredi 1er août 2012
Je vote : 2 sur 5
Dans les Pouilles durant les années 80. Deux ados,Veleno et Zazà, deviennent amis alors que tout les oppose. Alors que Veleno est fils de notable, Zazà est une petite frappe des quartiers populaires. Si le premier voudrait s’affranchir de son milieu favorisé, l’autre rêve d’être repéré par les sélectionneurs de la Juve. Mais la présence d’Annalisa, jeune fille mystérieuse et sensuelle, vient troubler leur vie. Devant son charme mystérieux, les deux ados vivent bien des troubles passionnels.
Ce qui me touche ?
Indéniablement, Pippo Mezzapesa sait créer, dès son premier long métrage, une vraie atmosphère. Entre les rulli, ces constructions traditionnelles de pierre du sud de l’Italie, et une région frappée par la crise, entre le soleil écrasant du sud et l’univers parfois misérable des habitations, des champs à l’abandon, le spectateur est saisi par l’histoire de ces deux jeunes qui rêvent d’une autre vie et découvrent les premiers émois sensuels. Et ce, grâce à la présence de la troublante Annalisa comme le note le réalisateur quand il parle d’une « union fraternelle qui, avec le temps, devient plus forte, résiste même, lorsque dans leurs vies apparaît Annalisa, une Madone sauvage, pleine de sensualité et de mystère. Une jeune femme qui suit toutes ses pulsions, de vie ou de mort, et les bouleverse. »
Ce qui me touche moins ?
Si Annalisa permet à ces deux ados de mieux se comprendre et de comprendre aussi un peu mieux la vie, ce parcours initiatique, malgré de vraies qualités formelles, tourne un brin en rond. Paradoxalement, promenant une certaine mélancolie dans une réalité bien décrite par des second rôles forts, comme le personnage de l’entraîneur à la voix cassée, Veleno et Zazà ne parviennent pas vraiment à nous faire vibrer. Et ce d’autant plus qu’Aylin Prandi prouve que la valeur n’attend pas le nombre des années et offre un charme indéniable à Annalisa. Pour autant, le scénario ne tient pas toutes ses ambitions et le spectateur reste in fine un peu sur sa faim.

