TROIS PERSONNAGES FACE A LA CRISE

LA VIE SANS PRINCIPE, de Johnnie To – 1h46

Panther, un escroc prêt à tout (Lau Ching-wan)

Avec Lau Ching-wan, Richie Jen, Denise Ho, Lo Hoi-pang

Sortie : mercredi 18 juillet 2012

Je vote : 3 sur 5

Quezako ?  Hong Kong en pleine crise financière. Panther est un escroc à la petite semaine. Teresa,une employée modèle d’une banque dont le job consiste à convaincre ses clients de faire des investissements risqués pour tenir ses objectifs et éviter ainsi un licenciement. Quant à l’inspecteur Cheung, c’est un flic honnête qui a un jour besoin d’argent le jour où sa femme verse un acompte pour acheter un appartement luxueux. Ces trois personnages que tout oppose sont soudain poussés à prendre des décisions cruciales le jour où un mystérieux sac contenant cinq millions de dollars volés fait irruption dans leur vie.

2 raisons d’aller voir ce film ?

L’univers de Johnnie To. Ce cinéaste fait partie des figures du cinéma compte parmi les auteurs du polar venu de Hong Kong. Côté action, il en connaît un rayon et le prouve une fois de plus dans cette histoire rythmée où des séquences brutales  alternent avec des moments plus calmes, portés par une douce musique classique et des voix parfois éthérées.

Pour ce faire, il peut compter aussi sur des comédiens familiers de son univers. Dans le rôle de Panther, un escroc minable, Lau Ching-wan retrouve pour la neuvième fois le cinéaste. Quant à Richie Jen, star de la chanson pop en Asie et acteur inspiré, il avait déjà tourné à deux reprises avec lui. Quant à Denise Ho, elle apporte une touche de charme et de mystère à cette histoire en campant une employée de banque qui va, un jour, choisir de passer de l’autre côté…

Le contexte économique. Situer l’histoire en plein climat de crise économique à Hong Kong, ce temple du capitalisme, donne tout son sel à ce polar et en fait l’originalité. Car le mal est, ici, symboliquement joué par l’univers du fric pour le fric.

Teresa (Denise Ho) : le calme avant la tempête

Comme le note Johnnie To : « Je voulais montrer la banque de l’intérieur en filmant une de ses employés. Car le plus grand problème de la crise économique et mondiale, ce sont les banques. Les banques ont perdu leurs identités. Quand j’étais enfant, c’était les endroits sûrs qui protégeaient votre argent… Désormais les banques sont dangereuses. Elles vous vendent des produits dont vous n’avez pas besoin ou vous en font acheter d’autres, sans se préoccuper de savoir si vous avez l’argent pour les acquérir. »
Sur fond de quête de la propriété, un rêve en temps de crise, et de dettes massives des individus, La vie sans principe dépasse ainsi le simple film de genre. Le jeu pour s’en sortir n’en devient alors que plus dangereux, comme le souligne le réalisateur : « C’est un monde turbulent. Pour survivre, les gens n’ont pas d’autre choix que de jouer. Peu importe combien de temps vous parvenez à suivre les règles, tôt ou tard, une partie d’entre vous seront perdus. » Il fallait oser le dire et le montrer si brutalement…

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