I WISH, de Hirokazu Kore-Eda – 2h08
avec Koki et Oshiro Maeda, Jô Odagiri et Nene Otsuka
Sortie : mercredi 11 avril 2012
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Sur l’île japonaise de Kyushu, deux frères sont séparés suite au divorce de leurs parents. L’aîné, Koichi, 12 ans, part vivre avec sa mère chez ses grands-parents au sud de l’île au pied d’un inquiétant volcan quand le cadet, Ryunosuke reste au nord de l’île avec son père guitariste d’un groupe de rock . Koichi rêve de voir la famille réunie même s’il faut pour y arriver l’explosion du volcan qui le fascine et projette régulièrement des cendres sur la petite ville. Quand un nouveau Shinkazen, le TGV, relie les deux régions, les deux frères décident de fuguer jusqu’au point de croisement des trains où certains prétendent qu’un miracle peut avoir lieu…
Et alors ?
Sur des thèmes simples – la fraternité, l’amour des parents, le regard sur le monde des adultes, l’éducation- ce cinéaste japonais des émotions- on se souvient de Nobody Knows- signe la belle histoire de ces deux frères qui rêvent d’un monde parfait et de former à nouveau une famille unie après le divorce de leurs parents. Sans effets tonitruants, sans pathos, au cours de séquences délicates, il nous plonge au cœur de ce monde où les enfants tentent de préserver un cocon, un pays de rêve. Chez Irokazu Kore-Eda, il y a un vrai plaisir à filmer des enfants : « J’aime la façon dont les enfants sont incomplets et leur présence est instable. Filmer des enfants comme dans Nobody Knows et I Wish me fait vraiment réfléchir. Je commencer à voir la société à travers leurs yeux et leur existence. Peut-être est-ce parce que je suis père maintenant, mais tous les adultes dans I Wish sont des adultes auxquels je souhaite ressembler. Je veux être un adulte qui attend des enfants au retour de leurs aventures sans en faire toute une histoire. »
Ce qui donne aussi une vraie épaisseur au récit, c’est aussi le monde des adultes où, malgré les blessures de la vie, il y a un vrai goût pour la vie avec notamment les figures protectrices des grands-parents. « Au sein de la famille, dit-il, c’est la présence des grands-parents qui est un refuge et je voulais donner à ces enfants un lieu où ils puissent se relaxer et se sentir en sécurité. » Cela donne quelques belles scènes comme celle où une des copines des deux frères leur permet de dormir chez ses grands-parents.
L’autre miracle du film, c’est la direction des acteurs. Les Maeda Maeda sont tout à fait extraordinaires et leurs petits camarades ne sont pas en reste et parviennent à exprimer une foule de sentiments avec une économie de gestes et de mots. Parlant des deux frères, Kore-Eda note : « Ce qui était le plus frappant c’était leur aisance pour commencer une improvisation sans hésiter et avec un plaisir manifeste. » Un film qui, même s’il aurait pu être plus court sans gêner l’histoire, est une belle leçon de vie et d’optimiste sans pour autant décrire un monde déconnecté de la réalité. Une belle réussite.
