Un mélo trop lisse

La Bella Gente

d’Ivano de Matteo

Sortie : 16 février 2011

Je vote 1 sur 5

Sur le papier du scénar, il y avait tout pour faire un bon film. L’histoire d’une jeune prostituée russe recueillie par une famille bourgeoise italienne le temps d’un été et dont l’arrivée jette le trouble dans la famille. Un trouble  d’autant plus fort que le fils de famille n’est point insensible à son charme… Devant pareil thème, on pouvait rêver d’un film social comme les Italiens savent les faire, et où, si propos politique il y a, il est toujours modéré par une sensibilité à fleur de pellicule, quitte parfois à approcher du mélo. Mais, un  mélo de bon aloi et qui fasse sens.

Cette fois, on reste sur sa faim. Le thème de l’intrus qui fout la pagaille dans une famille avait été magnifiquement analysé dans « Théorème », de Pasolini. On est loin ici du côté dérangeant de ce film. Tout semble cousu de fil blanc dans une histoire de vacances qui tournent mal. Là où l’on devrait ressentir de la « gêne » face à une société qui se voile la face devant le désordre de la modernité, on éprouve tout au plus de la tendresse pour le couple formé par Monica Guerritore

Monica Guerritore vraiment étonnante

et Antonio Catania, perdus devant cette réalité aussi sordide que banale. En fait, c’est surtout le personnage de la mère de famille, campée par Monica, qui tire le film vers le haut, tant cette actrice parvient à donner une large palette d’émotions sans en faire des tonnes. Si elle veut sauver Nadja -« espérance » en russe- elle se retrouve vite face à ses propres contradictions. Doit-elle sacrifier sa vie, se mettre en danger pour une rédemption qui n’est même pas sûre? Doit-elle faire éclater le cocon familial ?

Il aurait fallu une mise en scène plus tendue, un jeu plus cruel des relations humaines pour faire de ce film une œuvre dérangeante. Il est surtout pavé de bons sentiments qui font rarement autre chose que des mélos. Trop lisses dans ce cas et c’est dommage vu l’ambition du sujet. A marquer enfin d’une pierre blanche, la présence d’Elio Germano

Elio Germano et Myriam Catania

, tout de violence contenue dans sa révolte familiale au nom de l’amour, et qu’on retrouvera le 6 avril dans l’excellent « La Nostra Vita », de Daniele Luchetti. Un acteur définitivement à suivre.

F.C.

Laisser un commentaire