« Abel », un film sur les absences

ABEL

de Diego Luna

Sortie : 12 janvier 2011

Je vote : 3 sur 5

Quezako ? Depuis le départ de son père, le jeune Abel, 9 ans, ne parle plus. Un jour, il retrouve la parole et se met à jouer les chefs de famille, autoritaire et dur. Jusqu’au jour où un homme, son père, frappe à la porte de la maison.

Et alors ? Bonne pioche d’abord pour Diego Luna parmi les 400 enfants non professionnels auditionnés pour camper Abel : le jeune Christopher Ruiz-Esparza est vraiment extraordinaire dans son jeu et on garde longtemps en tête le visage étonnament mur de cet enfant qui joue à l’adulte tout en gardant, parfois, des réflexes de son âge.

Abel, un enfant en liberté

Après, il y a une histoire qui joue sur plusieurs registres en partant du thème de l’absence ou plutôt des absences -celle du père, celle de l’amour conjugal, celle de l’argent…- et c’est tout son intérêt. Outre du thème de la mère, capital dans la culture mexicaine, les dérives d’Abel sont autant d’indications sur une société un brin décomposée. L’astuce de Diego Luna c’est de ne pas sombrer dans un misérabilisme facile. S’il y a de la misère, même si cette famille ne roule pas sur l’or, elle est d’abord (surtout ?) morale. Au final, ce film bien tourné, malgré de petites longueurs, résonne comme une leçon de vie malgré tous les drames ett souffrances qui jalonnent un parcours humain. A signaler enfin ; la direction d’acteurs tout en subtilité du metteur en scène. F.C.

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